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  • Sandra Didi

Printemps 2017


16 mai 2017, dès la sortie de l'avion nous sommes enveloppés par la chaleur accablante qui s'est déjà installée à 6h00 du matin, 46° en moyenne prévus pendant tout notre séjour, autant s'acclimater de suite !

Cette fois je ne fais pas le voyage seule, mon compagnon, Jean-Jacques, m'accompagne. Le soir même nous prenons le train de nuit direction Vârânasî et arrivons frais comme des gardons le lendemain midi ! Quel bonheur de retrouver la maison et tout mon petit monde...

C'est la période des grandes vacances en Inde pour les enfants, mais ils sont tous là pour nous accueillir, avec 3 nouvelles frimousses : Poohmi, Kartik, et Purmina, fratrie originaire de Calcutta.

Dès notre arrivée à Bénares je me suis précipitée sur les ghats pour essayer de retrouver Locus, ou Minta... Sans aucun succès je les ai cherché chaque jour, demandant autour de moi si quelqu'un avait vu les enfants récemment... La réponse était toujours la même : ils ont du retourner au village... J'ai grand espoir que nos routes se croisent à nouveau, en tout cas je le souhaite vivement, je suis très attachée à ces enfants

Ce mois s'est écoulé rapidement, trop à mon goût... Difficile de faire bouger les choses en un mois... Cependant il a été plein de richesses humaines, et nous avons pu continuer à nous découvrir de façon plus profonde avec Vivek, Jyotie, et Uttam. Ils restaient tous les jours après le coaching pour parler, échanger, à propos de nos vies respectives, de la vie en général, de nos cultures si différentes...

Nous avons également eu quelques petits différents, car ils ne souhaitent pas que je m'implique avec les personnes de la rue. Voici donc l'histoire du petit Karan. Je reprends ci-dessous les posts que j'avais publié sur FB à froid, pour essayer de garder l'authenticité du moment tel que je lai vécu :

Samedi 3 juin 2017 :

Hier un ami Indien m'appel : "Sandra, je veux te présenter une femme qui a besoin d'aide pour son enfant." J'ai rencontré cette femme et ses deux enfants aujourd'hui. Une fille de 11 ans (je pense 13 ou 14 ans en fait) et un bébé de 15 mois qui, lui aussi est peut-être plus âgé... J'avais vu le bébé en photo au préalable, mais quand je l'ai vu réellement, je vous assure que j'ai dû prendre sur moi pour ne pas craquer.

J'avais demandé à mes profs d'être présents pour faire la traduction, de leur côté ils voulaient vérifier que la demande de cette femme était fondée, que je ne me laisse pas attendrir de façon abusive, car malheureusement nombreux sont ceux qui essayent d'obtenir de l'argent par tous les moyens, et notamment par le biais des étrangers qui sont, à leurs yeux, très riche... Mais cette fois Vivek m'a donné le feu vert : cette femme était vraiment dans une situation précaire. Après 1h30 d'échange nous avons convenu d'un deuxième rdv, le lendemain, à son domicile pour voir dans qu'elles conditions elle vivait et je confirme que tout ce qu'elle nous avait dit était vrai, elle ne possède rien en dehors de 3m carrés sous les tôles... Pas de matelas, pas de ventilateur, rien...

L'enfant semble souffrir de mal nutrition, c'est en tout cas ce que laisse supposer son petit corps décharné. Alors vivement lundi que le docteur donne son diagnostic et que nous puissions faire le nécessaire pour sa prise en charge médicale.

Karan... C'est le prénom de notre petit protégé. Hier Vivek l'a amené chez le médecin qui lui a fait une prise de sang et prescrit une ordonnance pour des examens complémentaires. Mais Vivek est revenu à la maison très en colère. Il a eu une altercation assez violente avec la maman qui refusait d'aller faire l'échographie et la radio prescrite par le médecin car ce dernier avait prélevé du sang sur son fils... Elle lui a dit que son bébé n'avait pas besoin de médecine, qu'il fallait juste que je lui donne de l'argent et qu'elle pourrait se débrouiller seule... Je précise qu'à 15 mois son fils n'a jamais avalé un seul aliment, elle le "nourrit" uniquement au sein. Manque d'information, manque d'éducation, tout cela me dépasse, me perturbe et m'attriste.... Vivek me demande de laisser tomber, cela ne sert à rien, elle ne voudra pas faire les examens nécessaires et encore moins faire hospitaliser l'enfant, ce qui est inévitable, vu l'état du petit.

J'argumente, je dit à Vivek qu'il faut penser à Karan, on ne peut pas laisser tomber comme ça, il faut la convaincre que l'hospitalisation et les soins sont la seule solution pour son enfant. Vivek me dit qu'il ne pense pas qu'on la reverra car il lui a dit que je ne lui donnerai pas d'argent... Le lendemain, contre toute attente, elle arrive à la maison avec le bébé. Cette fois je l'accompagne avec Uttam à l'hôpital, et nous faisons le reste des examens prescris par le médecin. On nous donne un rdv pour le lendemain soir pour le diagnostic.

Dimanche 11 juin 2017 :

Nous n'avons jamais pu nous présenter au rdv avec Karan. L'horaire ne "convenait" pas à la maman, et malgré nos efforts pour changer le jour, l'heure, et toute notre empathie pour la convaincre du bien fondé de cette visite elle n'a rien voulu entendre. Jyotie et Uttam sont allés voir le médecin, seuls... Le verdict est tombé, Karan devait être hospitalisé immédiatement. 5k700 pour 15 mois, cet enfant était réellement en souffrance, et en danger... le médecin était dépité, mais impuissant face à cette situation. Nous n'avons plus eu de nouvelles de Karan, apparemment ils sont repartis dans leur village...

Après la colère et la tristesse qui m'ont submergées pendant plusieurs jours, j'ai réussi à relativiser... Karan n'est malheureusement pas un cas unique... Ils sont nombreux.... trop nombreux... Alors il faut regarder la réalité en face, même quand elle fait mal. J'ai compris aujourd'hui que je n'ai pas les outils pour agir auprès de cette population. La barrière de la langue et le fait que je doive m'appuyer sur des traducteurs n'avantagent pas mes démarches, et sont un frein au climat de confiance que je devrais pouvoir instaurer. Je vais donc pour le moment me limiter à gérer les enfants de l'association, jusqu'à ce que je parle un hindi correct pour pouvoir échanger, et que je rentre en contact avec des travailleurs sociaux en qui je pourrai avoir confiance.

Mes collaborateurs ont semblé soulagés d'entendre ma décision, et nous avons décidé de débuter les parrainages. Bien maigre consolation pour moi, mais aussi une façon de faire avancer les choses. Notre choix de parrainage s'est arrêté sur deux petites filles de 7 ans qui ont le mérite d'avoir d'excellents résultats. Leurs familles respectives vivent dans des conditions difficiles mais se saignent pour que leurs enfants soient scolarisées. Chandeni est parrainée par Fabienne qui m'avait fait sa demande dès la création de l'association, et Chaya par Sonia. Nous tâcherons de tisser des liens durables entre les filleuls et leurs parrains, il est important pour nous qu'il y est un échange, aussi minime soit-il vu la distance.

J'ai pris la décision de ne pas faire les marchés cet été car nous avons réellement besoin de fonds pour pouvoir continuer. Les ventes sur les marchés auraient été soumis à des taxes que nous ne pouvons nous permettre de payer aujourd'hui. J'ai donc opté pour quelques vides greniers, ce qui me permet de reverser l'intégralité des ventes à l'association. N'hésitez pas à demander les dates des prochains vides greniers, il nous reste encore plein de jolies choses à vendre !

je pense que les enfants gardent un délicieux souvenir de notre sortie en bateau sur le Gange, je vous laisse découvrir les photos ci-dessous.

Dans le prochain article je vous présenterai les enfants de l'association individuellement !

Merci à tous pour vos dons, votre soutien, et votre implication :)

Très bon été à tous, et à très vite !

Sandra DOUABIN

Présidente Fondatrice


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